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Hoo Mojong… la dame de Shanghai. Atelier Jürgen Ehre, Paris 

 

Hoo Mojong… la dame de Shanghai.

Recréer ce monde à notre mesure et selon notre exigence, afin qu’il apparaisse à nouveau enchanté, tels des songes où tout objet est animé par le sang dont il a  besoin pour habiter l’imagination et le cœur des hommes, ainsi un courant à peine secret alimentait la peinture de Hoo Mojong une force cachée y rayonne sous le regard du spectateur ; c’est la poésie,  grâce à laquelle la transfiguration est visible  face à la fugacité du temps. Car ce que voit le peintre ou le poète au-dedans de lui, c’est la part humaine d’un paysage, c’est son éternité !

Source d’inspiration qu’elle tirait de sa propre substance, une force instinctive puisée dans un monde qui a connu encore la solitude, l’odeur secrète du rêve et  le silence, afin de recréer un monde enchanté, presque oublié.

Des toiles de Hoo Mojong émane une force d’âme habitée d’une poésie ayant ses racines dans la réalité expressionniste aux couleurs fortes, belles et surprenantes… Les thèmes s’y prêtaient, proches de l’homme et de son environnement ; l’homme au labour, dans ses occupations journalières ou sacrées… reflétant son univers entouré des « natures mortes » ou plutôt vivantes ; de belles compositions, comme un plat de légumes sous un éclairage béni, des pommes flamboyantes à croquer, et surtout le pain, à la couleur dorée, l’essentiel, symbole de survie et du sacré, ou une cruche d’eau qui ne se brisait jamais…

Sa peinture, ses dessins et ses gravures restent fortement ancrés dans la pure tradition de l’art de la peinture, avec quelque chose de plus, sa personnalité, son toucher de pinceau, le choix des nuances et l’amour des compositions… plutôt audacieuses.

Sa main ne tremblait point ; toute forme apparaissait dans sa somptuosité, pleine, aux courbes organiques, immobiles et vivantes en même temps, éclairée d’une lumière qui les fixait à jamais.

Hoo Mojong fut peut-être une des dernières artistes peintres fidèles à la tradition de la peinture sur toile (telle qu‘on la transmise… ou imaginée).Pourtant, jamais elle ne renonçait à cet effort continu de réinvention pour maintenir son monde, les couleurs de sa palette et les formes créées par son imagination,  au niveau de ses songes.

Biographie :

Née en 1924 à Shanghai, elle passe sa jeunesse à Ningbo, province de Zhejiang, Chine, avant de partir à Taiwan. Plus tard elle s’installe à Sao Paulo, Brésil, en 1950, avant de venir travailler et vivre à Paris en 1965 où elle rencontre le peintre Zao Wou- Ki. Elle s’inscrit à « l’Académie de la Grande Chaumière » pour y apprendre la peinture à l’huile et le dessin. Hoo Mojong a remporté le premier prix au « Salon des Femmes-Peintres », en 1968 à Paris. Des expositions  suivent : L’artiste expose à Madrid en Espagne, San Paulo, Rio de Janeiro au Brésil, Göteborg en Suède, Paris, Galerie Conseil régional de Bourgogne, Taipei, Shanghai et Hong Kong de 1960 à 2001.

En 2002 elle quitte Paris définitivement et retourne vivre à Shanghai et expose ses œuvres au « Musée d’Art de Shanghai » auquel elle a fait don de quelques-unes de ses peintures.

En  2011, une grande rétrospective lui est consacrée au « Shanghai Art Museum », et  « Hoo Mojong Paper Works Exhibition », au « Today Art Museum », Shanghai, Chine. Une dernière exposition  à Saigon lui fut consacrée en 2012… avant de nous quitter.

Après avoir vécu 37 ans à Paris, Hoo Mojong a préféré regagner son pays à la fin de sa vie… comme pour retrouver ses racines, sa terre natale, une destinée toute tracée

Jürgen EHRE Paris 25/10/ 2016

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